dimanche, novembre 07, 2004

Le lézard lit des livres tous les jours, le lézard regarde tous les jours des films considérés par l'intelligentsia cinématographique des Cahiers du Cinéma comme d'excellents films, le lézard s'emmerde tous les jours à réfléchir à des choses ineptes, le lézard se plonge quotidiennement dans les journaux du soir (parfois du matin...), le lézard fait ce qu'il faut faire pour être informé...

Cela ne l'empêche en rien, comme d'habitude, de faire ce qu'il ne faut pas faire, se déplacer alors qu'en fait on ne l'attend pas, rire au mauvais moment parce que l'humour de son interlocuteur lui a échappé, s'appuyer contre un mur, ses jambes croisées pour se donner une contenance (peut-être une cigarette dans la main, peut-être aussi un demi inutile...), alors que finalement l'envie des choses lui échappe, alors qu'il ne rêve que d'une solitude (toute artificielle), alors que les embrassades et les discussions factices ne l'amusent que peu finalement.

Et le voilà, au milieu de ces gens tous aussi tristes, à palper de l'intérieur son malaise, sa main dans sa poche, des envies d'absolu mal abouties, des soifs d'amour mal épanchées, et toujours, toujours, cet absurde sentiment d'être le salvateur de ses connaissances qui s'abîment, alors même que personne ne veut se placer sous l'ombre faussement compatissante de son bras déployé...
Le lézard, éternelle méprise, qui s'imagine fait pour ces gens qui ne sont pas fait pour lui...

"I'm looking down to the street below
The cool room, Lord, is a fool's room,
The cool room, Lord, is a fool's room,
And I can almost smell... your T.B. sheets...
And I can almost smell... your T.B. sheets..."

Van Morrison - T.B. Sheets