Eric Chevillard - La nébuleuse du crabe
vendredi, mai 28, 2004
"Crab feuilleta son agenda et répondit que non, hélas, à son grand regret, il ne pourrait être de la fête, ayant justement prévu ce soir-là de rester tout seul chez lui à s'emmerder comme un rat mort."
Eric Chevillard - La nébuleuse du crabe
Eric Chevillard - La nébuleuse du crabe
mercredi, mai 26, 2004
stupidité n. f.
Correspond de nos jours à des états très divers : stupeur mélancolique, confusion mentale, stupeur catatonique, obnubilation épileptique, etc.
bêtise n. f.
Sorte de berlingot devenu une spécialité renommée de Cambrai.
syndrome des jambes sans repos n. m.
Sensation désagréable indéfinissable ressentie dans les membres inférieurs, déclenchée par l'immobilité, provoquant un irrépressible besoin de bouger les jambes en les agitant, en se levant ou en marchant.
synonyme(s)
impatiences n. f. pl.
syndrome d'Ekbom n. m.
syndrome d'impatience des membres inférieurs n. m.
note(s) :
Il s'agit d'une affection fréquente, d'étiologie inconnue, souvent associée au myoclonus nocturne. Retardant l'endormissement, elle est une cause d'insomnie.
insomnie n. f.
Difficulté à trouver ou à maintenir le sommeil.
note(s) :
Exceptionnellement totale, elle frappe habituellement le sujet pendant une période déterminée de la nuit, ce qui permet d'en distinguer plusieurs variétés. Ainsi, l'insomnie peut se manifester par une difficulté d'endormissement (insomnie initiale ou prédormitionnelle), un réveil prématuré (insomnie terminale ou post-dormitionnelle), une interruption prolongée du sommeil, ou par la présence de phases de sommeil survenant par intermittence. L'insomnie atteignant la phase d'endormissement est la forme la plus fréquente.
Les termes « agrypnie », « anhypnose » et « somnipathie » sont peu usités pour désigner cette notion.
Si le lézard récapitule : en raison de la profonde stupeur catatonique le prenant régulièrement lors de ses crises d'obnubilation épileptique (fréquentes après un excès de sollicitation de son bulbe olfactif), le lézard, toujours aussi grand fan des bêtises de Cambraï, s'est laissé aller à des facilités de langage que ne renieraient pas les plus grands vulgarisateurs de la pensée communiste.
A la suite des ces séborhées verbales et écrites d'une piètre qualité, le lézard fut pris d'une somnipathie aigüe, classique syndrome d'impatience des membres inférieurs.
Cela lui apprendra : n'est pas Lénine qui veut.
Correspond de nos jours à des états très divers : stupeur mélancolique, confusion mentale, stupeur catatonique, obnubilation épileptique, etc.
bêtise n. f.
Sorte de berlingot devenu une spécialité renommée de Cambrai.
syndrome des jambes sans repos n. m.
Sensation désagréable indéfinissable ressentie dans les membres inférieurs, déclenchée par l'immobilité, provoquant un irrépressible besoin de bouger les jambes en les agitant, en se levant ou en marchant.
synonyme(s)
impatiences n. f. pl.
syndrome d'Ekbom n. m.
syndrome d'impatience des membres inférieurs n. m.
note(s) :
Il s'agit d'une affection fréquente, d'étiologie inconnue, souvent associée au myoclonus nocturne. Retardant l'endormissement, elle est une cause d'insomnie.
insomnie n. f.
Difficulté à trouver ou à maintenir le sommeil.
note(s) :
Exceptionnellement totale, elle frappe habituellement le sujet pendant une période déterminée de la nuit, ce qui permet d'en distinguer plusieurs variétés. Ainsi, l'insomnie peut se manifester par une difficulté d'endormissement (insomnie initiale ou prédormitionnelle), un réveil prématuré (insomnie terminale ou post-dormitionnelle), une interruption prolongée du sommeil, ou par la présence de phases de sommeil survenant par intermittence. L'insomnie atteignant la phase d'endormissement est la forme la plus fréquente.
Les termes « agrypnie », « anhypnose » et « somnipathie » sont peu usités pour désigner cette notion.
Si le lézard récapitule : en raison de la profonde stupeur catatonique le prenant régulièrement lors de ses crises d'obnubilation épileptique (fréquentes après un excès de sollicitation de son bulbe olfactif), le lézard, toujours aussi grand fan des bêtises de Cambraï, s'est laissé aller à des facilités de langage que ne renieraient pas les plus grands vulgarisateurs de la pensée communiste.
A la suite des ces séborhées verbales et écrites d'une piètre qualité, le lézard fut pris d'une somnipathie aigüe, classique syndrome d'impatience des membres inférieurs.
Cela lui apprendra : n'est pas Lénine qui veut.
lundi, mai 24, 2004
Douceur inespérée. Lentes circonvolutions des membres engourdis par les excès chimiques de la veille, entremêlés, formant de délicates arabesques sur l'envers des draps à jamais marqués par les pressions, grattements, caresses là d'une cuisse, là d'une main, là d'un omoplate confiant.
Hébétude d'un demi sommeil comateux, le corps rassemblé, lorsque tout contre le dos viennent s'emboiter des membres frais et élastiques. Un bras, une main étreinte, un souffle sur la nuque, une odeur très précise, et des cheveux hésitants. Et le sommeil, finalement triomphant.
Quiétude de ses traits endormis. Le lézard la regarde dormir, concentrée sur ses songes, confiante et sûre de ses désirs.
Deux jours comme une nuit sans fin, tournants dans le lit, parfois éveillés, parfois endormis, une nuit épaisse sur nos visages chiffonés, les doigts fébriles et moites, et ces recoins ombrés et humides où nous savons nous protéger.
Hébétude d'un demi sommeil comateux, le corps rassemblé, lorsque tout contre le dos viennent s'emboiter des membres frais et élastiques. Un bras, une main étreinte, un souffle sur la nuque, une odeur très précise, et des cheveux hésitants. Et le sommeil, finalement triomphant.
Quiétude de ses traits endormis. Le lézard la regarde dormir, concentrée sur ses songes, confiante et sûre de ses désirs.
Deux jours comme une nuit sans fin, tournants dans le lit, parfois éveillés, parfois endormis, une nuit épaisse sur nos visages chiffonés, les doigts fébriles et moites, et ces recoins ombrés et humides où nous savons nous protéger.
samedi, mai 22, 2004
Le lézard s'empêtre dans son absence totale de radicalité.
Voilà un mot qui sait le faire rêver.
Après tout, c'est lui qui a décidé de son engagement politique.
Le lézard aimerait être décrit par ses amis comme politiquement engagé.
Par exemple, lors d'une discussion à un diner quelconque, X dirait à Y :
- Le lézard? Oui, je le connais bien. C'est quelqu'un de très engagé politiquement.
- C'est également ce que j'ai entendu. Il vit profondément sa radicalité.
Cet échange achevé, la discussion roulerait, au choix, sur :
les prochaines vacances
le déménagament de X
l'incapacité à trouver un appartement bon marché à Paris
le profond ennui saisissant Y lorsqu'il s'assoit à sa table de travail
l'envie persistante de X d'essayer une partouze
le décalage permanent entre hommes et femmes
le dernier bouquin de Z
...
Une fois, rien qu'une fois, le lézard aimerait persuader X ou Y ou, pourquoi pas Z, de se lancer dans une exégèse rapide mais intense de l'engagement politique du lézard.
Voilà un mot qui sait le faire rêver.
Après tout, c'est lui qui a décidé de son engagement politique.
Le lézard aimerait être décrit par ses amis comme politiquement engagé.
Par exemple, lors d'une discussion à un diner quelconque, X dirait à Y :
- Le lézard? Oui, je le connais bien. C'est quelqu'un de très engagé politiquement.
- C'est également ce que j'ai entendu. Il vit profondément sa radicalité.
Cet échange achevé, la discussion roulerait, au choix, sur :
les prochaines vacances
le déménagament de X
l'incapacité à trouver un appartement bon marché à Paris
le profond ennui saisissant Y lorsqu'il s'assoit à sa table de travail
l'envie persistante de X d'essayer une partouze
le décalage permanent entre hommes et femmes
le dernier bouquin de Z
...
Une fois, rien qu'une fois, le lézard aimerait persuader X ou Y ou, pourquoi pas Z, de se lancer dans une exégèse rapide mais intense de l'engagement politique du lézard.
Soleil éclatant.
Le lézard a décidé d'aller voir la mer en compagnie d'amis bourgeois et bien pensants.
Afin d'éviter toute surprise désagréable, le lézard a pris soin d'emporter l'almanach des marées.
Malgré cette précaution, la mer n'est arrivée qu'au bout de quelques heures, sans doute occupée à quelqu'autre tâche.
A ce moment là, malheureusement, le lézard et ses amis capitalistes étaient déjà repartis.
Le lézard a décidé d'aller voir la mer en compagnie d'amis bourgeois et bien pensants.
Afin d'éviter toute surprise désagréable, le lézard a pris soin d'emporter l'almanach des marées.
Malgré cette précaution, la mer n'est arrivée qu'au bout de quelques heures, sans doute occupée à quelqu'autre tâche.
A ce moment là, malheureusement, le lézard et ses amis capitalistes étaient déjà repartis.
Le jour d'après.
Peut-être également une confrontation rude avec la réalité. Et une réaction inattendue, surprenante, assez merveilleuse également.
Le lézard se sent très bizarre ce soir. Flottant entre le désespoir et une euphorie inconnue jusqu'à présent. Remontent en lui ces idées noires broyées tout au long de l'après midi et traitant exclusivement du sentiment de la perte d'un être - non pas cher - mais forcément familier. Reviennent également ces doux nuages d'une tendresse moite et sucrée. Ces doigts qui se pressent un peu maladroitement. Cette tendresse qu'il est difficile de communiquer mais qui, pourtant, est là, forte et impérieuse.
Le lézard relit à voix haute, les écrits de Marx. Ces phrases, prononcées à haute voix dans le silence de la nuit, dans la solitude gentiment compatissante du halo de l'écran de l'ordinateur, entouré de ces choses qu'on aime, et peut-être aussi, c'est vrai, nos amis Mùm qui encouragent ces épanchements, nonobstant la bière que le lézard a décidé, malgré l'heure tardive, de sabrer à la royale, et sans doute aussi cette cigarette dont la fumée contient une plénitude relativement performante, bref, évidemment, tout cela concourt à ce que ces phrases, revenons-y, ces phrases prononcées à voix haute, le transporte dans ce sentiment explicité plus haut, à mi-chemin entre euphorie et désespoir.
Le lézard se rappelle d'un propos tristement prémonitoire. Quelques années auparavant, dans l'une des échappées sentimentales meurtrières entre Alice et le lézard qui fit beaucoup de dégât et beaucoup de gachis de part et d'autre de la ligne de front quoiqu'en puisse penser l'intéressée, un soir, sans doute loin d'une réalité tangible, sans doute en plein rêve romantique, le lézard émettait l'idée de la fuite comme seule échappatoire valable pour aller plus loin que les limites qu'imposaient ces restrictions logiques et légitimes de l'amitié, et amour pour Alice sans doute, enferrés qu'ils étaient dans leurs contradictions.
Bien évidemment, le matin est venu, porteur d'une cohorte de messagers de mauvaise augure.
Et Alice le regardant, pauvre lézard inconsistant et dillétante.
La logique a souhaité alors se ménager une route faite de renoncements, d'abandons honteux, de gêne mutuelle, de sécheresse sentimentale, et surtout d'une incapacité totale à se retrouver dans ce qui fût pourtant une matière riche et généreuse.
Reviennent alors ces jours délicieux, bonheurs mille fois réinventés dans l'obscurité des chambres tièdes, et alors que leurs corps fondent, et que se trouvent et se plaisent les lents mouvements d'une sensualité rêveuse, alors que le corps de Alice, plus que jamais, se présente à lui, alors, c'est vrai, un peu et beaucoup quand même, le lézard apprécie à sa juste valeur la qualité de la bile qui envahit sa bouche au regard du gachis incroyable que tout cela a été par sa faute principalement.
Hommage alors à Alice. Hommage aux maris responsables et aux maires qui les ont vu naître. Hommage à cette éthique jamais appliquée d'un échange clairvoyant et franc.
Peut-être également une confrontation rude avec la réalité. Et une réaction inattendue, surprenante, assez merveilleuse également.
Le lézard se sent très bizarre ce soir. Flottant entre le désespoir et une euphorie inconnue jusqu'à présent. Remontent en lui ces idées noires broyées tout au long de l'après midi et traitant exclusivement du sentiment de la perte d'un être - non pas cher - mais forcément familier. Reviennent également ces doux nuages d'une tendresse moite et sucrée. Ces doigts qui se pressent un peu maladroitement. Cette tendresse qu'il est difficile de communiquer mais qui, pourtant, est là, forte et impérieuse.
Le lézard relit à voix haute, les écrits de Marx. Ces phrases, prononcées à haute voix dans le silence de la nuit, dans la solitude gentiment compatissante du halo de l'écran de l'ordinateur, entouré de ces choses qu'on aime, et peut-être aussi, c'est vrai, nos amis Mùm qui encouragent ces épanchements, nonobstant la bière que le lézard a décidé, malgré l'heure tardive, de sabrer à la royale, et sans doute aussi cette cigarette dont la fumée contient une plénitude relativement performante, bref, évidemment, tout cela concourt à ce que ces phrases, revenons-y, ces phrases prononcées à voix haute, le transporte dans ce sentiment explicité plus haut, à mi-chemin entre euphorie et désespoir.
Le lézard se rappelle d'un propos tristement prémonitoire. Quelques années auparavant, dans l'une des échappées sentimentales meurtrières entre Alice et le lézard qui fit beaucoup de dégât et beaucoup de gachis de part et d'autre de la ligne de front quoiqu'en puisse penser l'intéressée, un soir, sans doute loin d'une réalité tangible, sans doute en plein rêve romantique, le lézard émettait l'idée de la fuite comme seule échappatoire valable pour aller plus loin que les limites qu'imposaient ces restrictions logiques et légitimes de l'amitié, et amour pour Alice sans doute, enferrés qu'ils étaient dans leurs contradictions.
Bien évidemment, le matin est venu, porteur d'une cohorte de messagers de mauvaise augure.
Et Alice le regardant, pauvre lézard inconsistant et dillétante.
La logique a souhaité alors se ménager une route faite de renoncements, d'abandons honteux, de gêne mutuelle, de sécheresse sentimentale, et surtout d'une incapacité totale à se retrouver dans ce qui fût pourtant une matière riche et généreuse.
Reviennent alors ces jours délicieux, bonheurs mille fois réinventés dans l'obscurité des chambres tièdes, et alors que leurs corps fondent, et que se trouvent et se plaisent les lents mouvements d'une sensualité rêveuse, alors que le corps de Alice, plus que jamais, se présente à lui, alors, c'est vrai, un peu et beaucoup quand même, le lézard apprécie à sa juste valeur la qualité de la bile qui envahit sa bouche au regard du gachis incroyable que tout cela a été par sa faute principalement.
Hommage alors à Alice. Hommage aux maris responsables et aux maires qui les ont vu naître. Hommage à cette éthique jamais appliquée d'un échange clairvoyant et franc.
vendredi, mai 21, 2004
Quelques heures plus tard et le lézard est ivre.
Jalouse ivresse qui le trouve nerveux et farouche, incapable de communiquer à d'autres congénères le malaise persistant qu'il sent monter en lui. Ivresse violente et chagrinée.
Le lézard se demande pourquoi tout cela est arrivé.
Le lézard cherche à y voir un signe quelconque, un encouragement un peu flou.
Mais seul le gachis lui vient à la bouche. La bile et la tristesse. La bile et l'écoeurement. Remontent en lui ces envies autodestructices lorsqu'il s'exposait volontairement afin de tester ses capacités de résistance.
Mais cette fois, la souffrance physique lui est interdite. Bien au contraire, cette souffrance est réservée à Alice qui, sans doute, n'en avait pas vraiment besoin.
Merveilleuse vie.
Si bien faite.
Si plaisante.
Jalouse ivresse qui le trouve nerveux et farouche, incapable de communiquer à d'autres congénères le malaise persistant qu'il sent monter en lui. Ivresse violente et chagrinée.
Le lézard se demande pourquoi tout cela est arrivé.
Le lézard cherche à y voir un signe quelconque, un encouragement un peu flou.
Mais seul le gachis lui vient à la bouche. La bile et la tristesse. La bile et l'écoeurement. Remontent en lui ces envies autodestructices lorsqu'il s'exposait volontairement afin de tester ses capacités de résistance.
Mais cette fois, la souffrance physique lui est interdite. Bien au contraire, cette souffrance est réservée à Alice qui, sans doute, n'en avait pas vraiment besoin.
Merveilleuse vie.
Si bien faite.
Si plaisante.
jeudi, mai 20, 2004
Le lézard est sombre aujourd'hui. Grande nuit d'errements nocturnes avec Alice, flashs langoureux de lumière, douceur des cheveux, profondeur de la voix, et, soudain, le lézard semble tomber en arrière sans pouvoir s'arrêter. Il tombe de stupeur, de surprise, de tristesse, il tombe dans les débris d'une identité amoureuse fragmentée, il tombe dans la vision grossissante des effets terriblement dramatiques d'évènements d'ordinaire si anodins.
Vision du petit lézard encore tout ratatiné, fripé, vision du grand lézard angoissé, vision des nuits tourmentées, vision toute romantique certes.
Et cet hôpital demain. Le lézard ne voudrait jamais avoir existé.
Vision du petit lézard encore tout ratatiné, fripé, vision du grand lézard angoissé, vision des nuits tourmentées, vision toute romantique certes.
Et cet hôpital demain. Le lézard ne voudrait jamais avoir existé.
jeudi, mai 13, 2004
"Et je suis par conséquent étendu, là. Rien n'arrive. Heure très longue. Les ailes blanches, en forme de trapèze, en pointillés quadrillés finement de noir, déployées, et elles ne battaient pas, légèrement soumises au caprice de l'air. Que de pierres, et les fissures du sol, regarde, écarte la croûte, vois la boue. Et est-ce vrai, presque tout stupéfait, je suis au centre. Ou bien voilà, à genoux, le genou marqué, enfoncé dans la boue, et je me suis penché, je suis tendu, et j'écarte le feuillage lourd, parfumé juteux et flexible."
Jean Thibaudeau - Imaginez la nuit
Jean Thibaudeau - Imaginez la nuit
mardi, mai 11, 2004
Longue promenade avec Ana ce lundi.
Traversée des quais désaffectés.
Sentiment d'oppression palpable alors qu'elle lève vers le lézard des yeux inquiets et tendres.
Lourde chape, carcan sentimental, vision terrible de leurs sentiments étriqués, de la faible envergure de leur histoire.
Quand donc parviendront-ils à se détacher de la pitoyable dépendance du regard de l'anonyme?
Le lézard s'attriste, fervent défenseur d'une obsolescence des émois amoureux. Désuétude des regards silencieux et humides.
Traînant la queue, le lézard se retire, pris d'un soudain accès de faiblesse neuronale.
Traversée des quais désaffectés.
Sentiment d'oppression palpable alors qu'elle lève vers le lézard des yeux inquiets et tendres.
Lourde chape, carcan sentimental, vision terrible de leurs sentiments étriqués, de la faible envergure de leur histoire.
Quand donc parviendront-ils à se détacher de la pitoyable dépendance du regard de l'anonyme?
Le lézard s'attriste, fervent défenseur d'une obsolescence des émois amoureux. Désuétude des regards silencieux et humides.
Traînant la queue, le lézard se retire, pris d'un soudain accès de faiblesse neuronale.
dimanche, mai 09, 2004
Ana aujourd'hui.
Ana cette nuit.
Douce et incandescente Ana.
Opale irisée et fluides corporels.
Ana demain, triste et fatiguée.
Ana pleurant, aimante et dévouée.
Le lézard se perd dans les obscures machinations du coeur aveugle, détestable lézard trop longtemps sovkhozien, inutilement communautariste, pratiquant la chair et ses corolles jusqu'à l'excès, la langue desséchée, la peau caleuse et irritée. Le lézard risque une observation : professer le partage des richesses, des idées, égaliser les envies, les désirs, ne revient-il pas à tomber dans le piège du conformisme consommateur? Et de là, limiter le partage à une vision matérialiste l'oblige à emprunter le chemin de l'ennui le plus profond.
Bref, le lézard veut copuler avec les camarades, malgré les interdictions amoureuses sous lesquelles il a souhaité se placer.
Ana cette nuit.
Douce et incandescente Ana.
Opale irisée et fluides corporels.
Ana demain, triste et fatiguée.
Ana pleurant, aimante et dévouée.
Le lézard se perd dans les obscures machinations du coeur aveugle, détestable lézard trop longtemps sovkhozien, inutilement communautariste, pratiquant la chair et ses corolles jusqu'à l'excès, la langue desséchée, la peau caleuse et irritée. Le lézard risque une observation : professer le partage des richesses, des idées, égaliser les envies, les désirs, ne revient-il pas à tomber dans le piège du conformisme consommateur? Et de là, limiter le partage à une vision matérialiste l'oblige à emprunter le chemin de l'ennui le plus profond.
Bref, le lézard veut copuler avec les camarades, malgré les interdictions amoureuses sous lesquelles il a souhaité se placer.
vendredi, mai 07, 2004
Le lézard s'est commis dans des entreprises dangereuses en compagnie d'éléments subversifs et capitalistes. Loin des résolutions prises devant le comité central, loin des promesses adressées à ses camarades, très loin des engagements contractés auprès de ses banquiers, si loin des sentiments professés auprès de la délicieuse Ana, le lézard s'est perdu dans les méandres de la tuyauterie bourgeoise...
Méat coule pas comme dit l'autre.
Certes. Est-ce bien suffisant? Comment justifier sa matinée? Perdu au sein d'assemblées générales de notables énamourés de courbes statistiques et d'ouvertures chiffrées et quantifiées, entre canapés saumon et liquides dorés et gazéifiés, le lézard s'est laissé aller à évoquer conditions économiques, croissance, taux de rentabilité interne et, injure suprême des anglicismes réactionnaires, de frit cache flot...
Ce soir, en invertébré déconstruit et démystifié, il s'allongera abattu et honteux auprès de cette merveilleuse Ana, salamandre au regard clair et précis, aux écailles azurées et aux squames onctueuses d'une séborrhée céruléenne.
Alors, peut-être, viendra la douce et calme sérénité du lâche inconstant.
Méat coule pas comme dit l'autre.
Certes. Est-ce bien suffisant? Comment justifier sa matinée? Perdu au sein d'assemblées générales de notables énamourés de courbes statistiques et d'ouvertures chiffrées et quantifiées, entre canapés saumon et liquides dorés et gazéifiés, le lézard s'est laissé aller à évoquer conditions économiques, croissance, taux de rentabilité interne et, injure suprême des anglicismes réactionnaires, de frit cache flot...
Ce soir, en invertébré déconstruit et démystifié, il s'allongera abattu et honteux auprès de cette merveilleuse Ana, salamandre au regard clair et précis, aux écailles azurées et aux squames onctueuses d'une séborrhée céruléenne.
Alors, peut-être, viendra la douce et calme sérénité du lâche inconstant.
jeudi, mai 06, 2004
Une petite baisse de tension pour le lézard aujourd'hui.
Pris à parti au cours d'une réunion de camarades la veille au soir au sujet des écrits publiés sur ce blog et interprétés comme des jérémiades de petit bourgeois en mal de reconnaissance,
le lézard est en rupture de ban.
Las, une pierre charitable s'allonge à ses côtés.
Ivre de soleil, la peau miroitant des multiples promesses que savent mettre en scène ses écailles,
le lézard s'endort en minaudant, séduit par l'intangible immobilité de son amie si récemment retrouvée.
Pris à parti au cours d'une réunion de camarades la veille au soir au sujet des écrits publiés sur ce blog et interprétés comme des jérémiades de petit bourgeois en mal de reconnaissance,
le lézard est en rupture de ban.
Las, une pierre charitable s'allonge à ses côtés.
Ivre de soleil, la peau miroitant des multiples promesses que savent mettre en scène ses écailles,
le lézard s'endort en minaudant, séduit par l'intangible immobilité de son amie si récemment retrouvée.

