dimanche, novembre 14, 2004

L'année prochaine à Hokaïdo

mardi, novembre 09, 2004

Une bite sur le poignet

Qu'il est dur le moment où la raison l'emporte sur l'ivresse. Le moment où, l'heure passant, l'ivresse faisant lentement son chemin jusqu'à la conscience obscurcie, un sursaut l'emporte jusqu'à son lit, pour de mauvaises raisons, pour ces raisons terriblement sordides qui l'empêchent de vraiment se faire plaisir en semaine, parce que revient régulièrement le spectre du terrible réveil, parce qu'il a expérimenté le caractère mentalement impossible de son travail lorsque sa clairvoyance, son dynamisme ne sont pas à leur apogée.

Sacrifiant ses soirées, vivant par procuration, lors même qu'il prend plaisir aux choses avec un sentiment de culpabilité profondément chrétien (se faire mal pour se faire plaisir : mais plus tard, beaucoup plus tard...), voilà le lézard regardant frénétiquement sa montre tout en recommandant un demi, tout en se maudissant, riant de sa propre peur adolescente (ou profondément adulte), parlant tout en s'imaginant déjà dans son lit, là et absent.

"Une bite (sur le poignet)", qui ne sait s'exprimer correctement.
[Tante Hortense]

"Je la regarde stupéfait. "
[Tante Hortense]

"Combien de temps va-t-elle rester ainsi, combien de temps je vais rester ainsi, à regarder, une bite, une bite, une bite..."
[Tante Hortense]

Merveilleux aveuglement grotesque, idée qu'il y aura un moment où forcément, parce qu'il a su attendre, parce qu'il a su être patient, reconnaissance viendra [et hurahs du public, et baisers des fans, et sexualité débridée...].

A quand voudra-t-il cesser de vouloir faire semblant d'être adulte pour l'être vraiment?

Une bite, une bite, une bite, une bite...

dimanche, novembre 07, 2004

Le lézard lit des livres tous les jours, le lézard regarde tous les jours des films considérés par l'intelligentsia cinématographique des Cahiers du Cinéma comme d'excellents films, le lézard s'emmerde tous les jours à réfléchir à des choses ineptes, le lézard se plonge quotidiennement dans les journaux du soir (parfois du matin...), le lézard fait ce qu'il faut faire pour être informé...

Cela ne l'empêche en rien, comme d'habitude, de faire ce qu'il ne faut pas faire, se déplacer alors qu'en fait on ne l'attend pas, rire au mauvais moment parce que l'humour de son interlocuteur lui a échappé, s'appuyer contre un mur, ses jambes croisées pour se donner une contenance (peut-être une cigarette dans la main, peut-être aussi un demi inutile...), alors que finalement l'envie des choses lui échappe, alors qu'il ne rêve que d'une solitude (toute artificielle), alors que les embrassades et les discussions factices ne l'amusent que peu finalement.

Et le voilà, au milieu de ces gens tous aussi tristes, à palper de l'intérieur son malaise, sa main dans sa poche, des envies d'absolu mal abouties, des soifs d'amour mal épanchées, et toujours, toujours, cet absurde sentiment d'être le salvateur de ses connaissances qui s'abîment, alors même que personne ne veut se placer sous l'ombre faussement compatissante de son bras déployé...
Le lézard, éternelle méprise, qui s'imagine fait pour ces gens qui ne sont pas fait pour lui...

"I'm looking down to the street below
The cool room, Lord, is a fool's room,
The cool room, Lord, is a fool's room,
And I can almost smell... your T.B. sheets...
And I can almost smell... your T.B. sheets..."

Van Morrison - T.B. Sheets