Qu'il est dur le moment où la raison l'emporte sur l'ivresse. Le moment où, l'heure passant, l'ivresse faisant lentement son chemin jusqu'à la conscience obscurcie, un sursaut l'emporte jusqu'à son lit, pour de mauvaises raisons, pour ces raisons terriblement sordides qui l'empêchent de vraiment se faire plaisir en semaine, parce que revient régulièrement le spectre du terrible réveil, parce qu'il a expérimenté le caractère mentalement impossible de son travail lorsque sa clairvoyance, son dynamisme ne sont pas à leur apogée.
Sacrifiant ses soirées, vivant par procuration, lors même qu'il prend plaisir aux choses avec un sentiment de culpabilité profondément chrétien (se faire mal pour se faire plaisir : mais plus tard, beaucoup plus tard...), voilà le lézard regardant frénétiquement sa montre tout en recommandant un demi, tout en se maudissant, riant de sa propre peur adolescente (ou profondément adulte), parlant tout en s'imaginant déjà dans son lit, là et absent.
"Une bite (sur le poignet)", qui ne sait s'exprimer correctement.
[Tante Hortense]
"Je la regarde stupéfait. "
[Tante Hortense]
"Combien de temps va-t-elle rester ainsi, combien de temps je vais rester ainsi, à regarder, une bite, une bite, une bite..."
[Tante Hortense]
Merveilleux aveuglement grotesque, idée qu'il y aura un moment où forcément, parce qu'il a su attendre, parce qu'il a su être patient, reconnaissance viendra [et hurahs du public, et baisers des fans, et sexualité débridée...].
A quand voudra-t-il cesser de vouloir faire semblant d'être adulte pour l'être vraiment?
Une bite, une bite, une bite, une bite...